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Münchhausen par procuration : quand les parents inventent des maladies aux enfants – A la une

Münchhausen par procuration : quand les parents inventent des maladies aux enfants – A la une – Nouvelle mise à jour 2023

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12 octobre 2022

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Le syndrome de Münchhausen par procuration, ou plus exactement « trouble factice imposé à autrui », désigne un trouble psychiatrique rarissime qui consiste à inventer des maladies chez une autre personne, le plus souvent un enfant à charge.

C’est l’histoire d’une femme qui emmène son enfant consulter des médecins, leur décrivant les symptômes fictifs dont il souffrirait, symptômes qu’elle feint, provoque ou entretient elle-même, en l’empoisonnant ou en le blessant par exemple. L’enfant subit alors de multiples examens, voire des interventions chirurgicales, il endosse injustement une étiquette de « malade » et finit parfois par le devenir…

Tel est le cas typique d’un « syndrome de Münchhausen par procuration » (ou SMPP), un trouble psychiatrique décrit en 1977. Ce nom fait référence à un autre trouble, le syndrome de Münchhausen – du nom du célèbre baron réputé pour ses aventures fantasmagoriques, qui consiste à s’inventer des maladies afin d’attirer l’attention des médecins, qui n’y voient souvent que du feu. Dans le SMPP, c’est généralement sur un proche que sont projetés ces symptômes, physiques ou psychiques. Mais le terme est confus, désignant à la fois le « malade » (l’abuseur) et sa victime. Il n’existe d’ailleurs pas, dans la dernière version de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexe (CIM-11) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), parue en février 2022, qui évoque plus précisément le « trouble factice imposé à autrui ». 

Quelques caractéristiques habituelles

  • Ce trouble rarissime est très difficile à caractériser. Il toucherait très majoritairement les femmes (95,6 % des cas);
  • La vie entière de la personne atteinte de ce trouble tourne autour de la « maladie » de son proche ;
  • Elle nie toute maltraitance, cherchant avant tout à satisfaire ses propres besoins psychologiques, comme le besoin de reconnaissance, ou le désir d’être considéré comme un bon parent (elle peut être d’ailleurs elle-même atteinte d’un syndrome de Münchhausen) ;
  • Elle n’a pas de motivations criminelles évidentes, comme la recherche d’indemnités d’invalidité ou le désir d’échapper à des poursuites pénales liées à d’autres sévices imposés ;
  • Sa victime n’est pas toujours un enfant, ce peut aussi être un conjoint, une personne âgée ou encore un animal de compagnie ;
  • Et surtout, lorsque l’on éloigne et isole la victime, les symptômes ont tendance à régresser. Chez cette dernière, les séquelles psychologiques, en revanche, sont plus longues à réparer.

Comme l’expliquent des chercheurs de la Clinique de Cleveland dans l’Ohio, les personnes atteintes de ce syndrome ont un besoin intérieur que leur enfant (ou toute autre personne dépendante) soit considéré comme malade ou blessé, histoire d’attirer la sympathie et de gagner des éloges.

S’il n’existe pas de statistiques fiables concernant le syndrome de Münchhausen par procuration, les estimations suggèrent qu’environ 1 000 des 2,5 millions de cas de maltraitance d’enfants signalés chaque année aux Etats-Unis y sont liés.

Enfin, il est très difficile de diagnostiquer – et donc de traiter – ce syndrome, dans la mesure où la personne concernée « est souvent dans le déni ou est un mythomane accomplie ». Quoiqu’il en soit, la prise en charge doit passer par une thérapie cognitive et comportementale.

 A noter : Le SMPP est aussi à l’origine de plusieurs controverses. Notons par exemple que son « découvreur », le pédiatre britannique Ray Meadow, était également expert judiciaire. Il a envoyé plusieurs femmes en prison en les accusant à tort d’être atteintes de ce syndrome et d’avoir causé la mort subite de leurs nourrissons. Il a été désavoué et radié de l’Ordre des médecins.

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    Source : Bursch, B. et al. “Evaluation and Management of Factitious Disorder Imposed on Another” Journal of Clinical Psychology in Medical Settings, 28, 67–77 (2021) (

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    Ecrit par : Clara Delpas – Édité par : Emmanuel Ducreuzet

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